Rosiers « Ghislaine de Féligonde »

À la Belle Époque, la cour d’honneur du château était ornée d’une roseraie que les calèches contournaient pour déposer les visiteurs devant la porte.

À l’automne 2018, quatre rosiers de la variété « Ghislaine de Féligonde » ont été plantés dans la cour d’honneur en hommage à la dernière héritière du château, Ghislaine Pellissier de Féligonde (1914-1994).

Photo extraite de « Le Château d’Uriage, 1000 ans d’Histoire » édité par l’association du Patrimoine de SMU

Celle-ci céda le château à l’État en 1942 après sa réquisition par l’armée d’armistice en 1940.
> Lire « Le château d’Uriage de 1930 à aujourd’hui… »

Mai 2019 : les premières roses du château

Variété créée en 1916, ce rosier ancien multiflore pouvant grimper jusqu’à 2,50 m, installé ici en arbuste libre, offre une floraison dans des tons pastel inhabituels : de mai à octobre, ses petites fleurs pleines légèrement parfumées, regroupées en bouquets denses à éclosion progressive, naissent dans une teinte ocre à jaune abricot puis elles pâlissent en ivoire…

À l’automne 2019, les rosiers encadrant la grande porte ont été complétés par quatre plants de lavandin (Lavandula angustifolia, variétés Grosso et Dutch) qui devraient nous offrir leurs premières fleurs bleues délicatement parfumées cet été 2020 ! 🙂

Histoire de la rose et de la petite fille qui lui donna son nom…

Ghislaine (1914-1994), fille du Comte Charles Pellissier de Féligonde et de Odette de Martel, petite-nièce du comte Gabriel de Saint-Ferriol, sera la future héritière du château d’Uriage.

Une histoire raconta que Ghislaine de Féligonde sauva son époux lors de la guerre de 1914-1918, d’où viendrait le nom de la rose pour son héroïsme… Or, Ghislaine de Féligonde, née le 14 octobre 1914, ne put par conséquent pas secourir son époux n’ayant… que 2 ans ! Son père, Charles de Féligonde, fut gravement blessé pendant la Grande Guerre et grand invalide de guerre. Et quelques décennies plus tard, elle soigna son mari, Aimé de Fleuriau, officier aviateur blessé lors de la Seconde Guerre Mondiale. La mémoire collective a probablement mélangé ces évènements, conservant une image romantique de sa vie.

La véritable histoire est moins glorieuse mais elle est néanmoins mignonne.

Jean Claude Nicolas Forestier,  grand ami du Comte de Féligonde, directeur des jardins de la ville de Paris, fit acheter en 1905 le parc de Bagatelle par la ville de Paris et y organisa les premiers concours de roses.

D’après le témoignage direct de Ghislaine de Féligonde, c’est cet ami de ses parents qui en 1916 choisit la petite Ghislaine, qui n’a alors que 2 ans, comme marraine d’une rose… C’est ainsi que ce rosier inconnu, obtention d’Eugène Turbat, reçut le nom de Ghislaine de Féligonde… et un mérite au concours de Bagatelle.

En avril 1934, Ghislaine Pellissier de Féligonde, héritière de Gabriel de Saint-Ferriol, épousa le comte Aimé de Fleuriau et entra ainsi en possession du château d’Uriage (son héritage était soumis à une clause de mariage). Elle le loua ensuite avec promesse de vente à un restaurateur qui y exploita un relais gastronomique, moitié musée moitié hôtel. Réquisitionné en 1940 par l’armée d’armistice, elle le céda à l’Etat en 1942.

Décédée en 1994, Ghislaine de Féligonde fut enterrée dans le caveau de famille. Sa fille rapporte que des boutures de ce rosier ont été plantées le long de la chapelle du cimetière, où elles se sont bien développées.

Source : Euphorbe-Ghislaine dans Nature et Jardins

Auteur : Céline Garrel

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (1943)

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

À Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.


Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.


Pierre de Ronsard (1524-1585)

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Il reste toujours un peu de parfum à la main qui donne des roses.
Confucius (v. –555 – v. –479)

2 commentaires sur « Rosiers « Ghislaine de Féligonde » »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :